Chronologie de l'Institut du Saint-Sacrement : 1622-1638

Publié le par pourlan

Histoire de l’Institut du Saint-Sacrement

Chronologie

 

 

 

1622          Mort de Saint-François de Sales. Angélique se retrouve sans directeur.

 

1623          Mort de Dom Boucherat, abbé général de Cîteaux favorable à la réforme. Il est remplacé par Dom Nivelle, opposé à la réforme. Nivelle va multiplier les tracasseries envers Port-Royal et les autres monastères réformés, en commençant par leur ôter le directeur qui avait été nommé par Boucherat : l’abbé de La Charmoye.

 

Commencement de l’adoration perpétuelle à Port-Royal, « afin de prier Dieu qu’il lui plût de nous protéger contre les successeurs de ces abbés ennemis déclarés de la réforme » [1]

 

Premier séjour de Saint-Cyran à Port-Royal des Champs [2]

 

1624          Visite de Zamet à Port-Royal des Champs, sur une suggestion de la Mère de Chantal – Première rencontre entre lui et la mère Angélique.

 

1625          Assemblée du Clergé à Paris. Angélique, qui a entendu parler de lui à plusieurs reprises par Jeanne de Chantal « au sujet d’un monastère de notre Ordre qu’il avait réformé » [3] revoit Zamet. « Il nous vint voir, et me parut un homme tout plein de zèle, de mortification et de vraie dévotion. » [4] Angélique lui demande de la diriger, ce qui a pour effet de la détourner de ses envies de quitter Port-Royal pour la Visitation. (Elle avait envisagé également d’être capucine ou carmélite).

 

C’est sans doute la même année qu’Angélique confie à Zamet ses inquiétudes sur l’avenir de la réforme de l’ordre (inquiétudes partagées par Zamet qui a des échos similaires du Tart). Zamet lui parle alors de son projet d’Institut : « Une religion qui eut pour fin principale d’honorer le Saint Sacrement de l’autel, que pour cela il y eût toujours quelqu’un qui l’assistât jour et nuit. » [5]

 

Le jour de la Fête-Dieu : installation à Port-Royal de Paris.

 

1626          Mme de Pontcarré, une femme riche séparée de son mari (elle est veuve en 1628), veut se retirer à Port-Royal. Sa générosité incite les sœurs à se lancer dans la construction d’un grand dortoir. Les travaux commencent en 1628. Mais l’argent manque vite, et il faut emprunter.

 

25 juillet : Zamet baptise la fille d’Arnauld d’Andilly, Marie Magdeleine. La marraine est Mme de Combalet, nièce de Richelieu (qui vient de rentrer en grâce et consulte sans cesse Zamet pour les questions d’Eglise). Mme de Combalet, qui voulait entrer en religion, en sera empêché par son oncle et finira duchesse d’Aiguillon, immensément riche et généreuse.

 

Mme de Longueville – sœur du grand Condé et cousine de Louis XIV – accepte d’être fondatrice de l’Institut.

 

Madame Bardeau, « une dame riche et sans enfants », donne 30 000 livres au futur institut.

 

Mémoire du P. Féron [6], écrit sous la dictée de Zamet, présentant le projet et demandant l’abandon de la nomination des abbesses par le roi, et la création d’une nouvelle congrégation « sous le nom du Très saint Sacrement et sous la règle de Saint Augustin », formée par les religieuses de Paris et de Dijon.

 

-          17 décembre : première lettre d’Angélique à M. Féron faisant allusion au projet de fondation du nouvel institut, et aux démarches entreprises à Rome dans ce but. [7]

 

1627          11 mars : Angélique écrit à Féron une longue lettre, dans laquelle elle affirme « il faut que Mgr de Langres soit supérieur » [8]. Le même jour, elle reçoit une importante visite de la duchesse de Longueville pour appuyer le projet.

 

Agnès Arnauld rédige le Chapelet Secret et la fait approuver par son directeur, Zamet.

 

23 mars : lettre du P. de Condren appuyant également le projet [9]

 

Mai 1627 : Henri de Lévis, duc de Ventadour, a la première idée de la Compagnie du Saint Sacrement [10], appuyée dès l’origine par Condren.

 

Août 1627 : bref d’Urbain VIII, consacrant la victoire d’Angélique et de Zamet :

 

-          Les couvents réformés sont mis sous la juridiction épiscopale

-          Le pape autorise la fondation du nouvel institut, sous trois supérieurs : Gondi, Bellegarde et Zamet.

 

1628          Débats sur le nouvel institut : on passe d’un premier projet (union des trois monastères de Port-Royal, du Lys et de Tart) à la fondation d’une nouvelle maison indépendante des trois autres.

 

Sans doute la même année, Zamet demande à Angélique de consulter Saint-Cyran sur les constitutions du futur institut.[11] Saint-Cyran suggère qu’on demande un prêtre pour les funérailles de religieuses (la constitution prévoyait un ensevelissement en l’absence de prêtre).

 

1629          Achèvement des travaux à Paris

 

Commencement de l’union de Tart et de Port-Royal.

 

Septembre : Echange des religieuses : les mères Agnès Arnauld et Geneviève le Tardif partent à Dijon, Jeanne de Pourlan et une autre sœur de Tart viennent à Paris.[12]

 

Cédant aux instances de sa mère, Louis XIII abandonne son privilège de nomination des abbesses et accorde la triennalité.

 

23 juillet : Angélique démissionne de sa charge abbatiale, Agnès de la coadjutorerie. En 1630, la mère Geneviève (de retour de Tart avec Mme de Pontcarré) est élue abbesse, Jeanne de Pourlan nommée prieure. L’ « esprit de Tart » fait son entrée à Port-Royal.

 

C’est de là qu’Angélique date ses premières difficultés avec Zamet : « Cet évêque me dit une fois que je lui nuisais céans, je lui répondis que je ne disais rien, il me répondit « votre ombre nous nuit », je lui dis « envoyez-moi où vous voudrez, j’irai. » [13] Ces différends n’empêchent pas Zamet de continuer à préparer avec elle l’installation de l’Institut. Des témoignages comme celui de la Sœur Angélique de la Falaire [14] montrent quelle continue à apprécier la direction de Zamet, l’orientation qu’il donne à la vie à Port-Royal, et même qu’elle considère la vie menée à Dijon, dont elle est au courant par les lettres reçues de la Mère Agnès, comme plus austère et supérieure à celle de Port-Royal.

 

1630          La guérison miraculeuse de Louis XIII à Lyon alors qu’il a reçu le viatique décide le roi à autoriser la création de l’ISS dans des lettres patentes qui mentionnent le caractère miraculeux de l’événement. Louis XIII se déclare protecteur de l’ISS.

 

Agnès élue abbesse au Tart

 

Achat d’une maison rue Coquillière

 

Fondation de la Compagnie du Saint-Sacrement. Le premier supérieur en est un intime de Zamet, d’Andelot. Zamet de Saint-Pierre en est le secrétaire.

 

Début des tensions avec Gondi. Zamet commence à entrevoir que l’affaire ne va peut-être pas se conclure selon ses vues : « Je suis si las des œuvres de Dieu que je voudrais n’en voir jamais aucune en la terre. »[15] ; « Nous n’avançons encore rien pour notre affaire ; je voudrais que Dieu l’étouffât en sa naissance, tant elle me fait de peine »[16]

 

1631          Zamet de Saint-Pierre (frère de Sébastien) est élu supérieur de la Compagnie du Saint-Sacrement

 

1633          15 janvier : bulle adressée à Gondi, prévoyant qu’Angélique serait abbesse et Jeanne de Pourlan coadjutrice [17].

 

5 mai : la compagnie du Saint-Sacrement décide par un acte officiel d’unir ses intérêts spirituels et temporels au nouveau monastère : il est demandé « à tous les confrères d’aller communier dans l’église de ce monastère le premier jeudi d’après son établissement » [18]

 

8 mai : Gondi finit par baisser sa garde, en échange du cordon bleu que lui obtient Zamet (qui est chancelier de l’Ordre du Saint-Esprit). La maison de la rue Coquillière est enfin inaugurée solennellement. [19]

 

« Changement » de Zamet, dans le sens mondain [20]. Il semble avoir interdit toute correspondance avec Jeanne de Chantal [21]

 

Zamet ne réussit pas à faire nommer Jeanne de Pourlan coadjutrice, il doit se contenter d’adjoindre à Angélique la Sr Anne de Jésus (Mlle de Chamesson), une postulante.[22] Jeanne reste donc à Port-Royal encore deux ans.

 

Une correspondance régulière s’établit entre Angélique et Saint-Cyran [23]

 

18 juin : L’affaire du chapelet secret éclate au grand jour avec la condamnation du chapelet par trois docteurs en Sorbonne [24]

 

23 juillet : A la suite de l’intervention de Saint-Cyran, Jansenius approuve le chapelet secret [25]

 

22 août : mère Agnès reconnaît être la seule auteure du Chapelet secret dans une lettre à son frère Robert.

 

Août : Zamet, convoqué par Richelieu, rédige une défense du chapelet. [26]

 

1634          Zamet est rappelé dans son diocèse. Il confie la direction de l’Institut et de Port-Royal à Saint-Cyran. Il vient de moins en moins à l’ISS[27] et commence à faire des reproches à Angélique [28]. Il semble s’inquiéter de la situation et chercher à reprendre la main à l’ISS.

 

1635          Après un an de direction, et de prédication au parloir les dimanches et fêtes, Saint-Cyran accepte de confesser et de renouveler toutes les religieuses de l’ISS. Angélique se donne la dernière.

 

Zamet, désireux de quitter Langres pour reprendre en main l’ISS, demande Olier pour lui succéder à Langres. Saint Vincent de Paul appuie sa demande (1° mars).[29]

 

Saint-Cyran commence à désapprouver la direction de Zamet[30]

 

Un texte du père Séguenot, de l’Oratoire, rallume la querelle du chapelet dont il reprend   les tendances mystiques.

 

L’archevêque de Paris renvoie à Tart mme de Pourlan.

 

25 novembre : Retour de Mère Agnès au Saint-Sacrement[31], puis à Port-Royal où elle est élue Abbesse l’année suivante

 

 

1636          10 février : le coup d’état. « Sans que l’évêque en sût rien, ni sa fille, un grand Vicaire amena la Mère de Port-Royal (Mère Geneviève), et à un signe donné, je me trouvai à la porte et la fis entrer, et sortis à la même heure » [32] Angélique retourne à Port-Royal, où elle devient maîtresse des novices.

 

Quelques jours plus tard : départ d’Anne de Jésus de Chamesson. Introduite dans le monde par la duchesse de Longueville qui l’a prise en affection, elle se répand en médisances contre l’ISS et Saint-Cyran.

 

Election d’Agnès abbesse de Port-Royal

 

Août 1636 : départ de Saint-Cyran pour son abbaye. Il laisse comme directeur M. Singlin.

 

1637          Enquête de l’évêque de Meaux sur les instructions données par Saint-Cyran à l’ISS [33]

 

Mère Agnès écrit à Zamet pour le prier de ne plus revenir à Port-Royal.

 

Abandon du scapulaire rouge pour la croix écarlate sur un scapulaire blanc[34]

 

16 septembre : prise du nouvel habit à l’ISS[35]

 

1638          janvier : Mémoire de Zamet contre Saint-Cyran, transmis à Richelieu[36]

 

 

13 mai : arrestation de Saint-Cyran.

 

16 mai : retour des sœurs de l’ISS à Port-Royal

 

 

 

 

 

 

 



[1] Mémoires d’Angélique, p. 57

[2] Id., p. 65

[3] Id., p. 54

[4] Id.

[5] Id., p. 57

[6] Reproduite dans PRUNEL, Sébastien Zamet… p. 211-212

[7] Reproduite dans PRUNEL, Sébastien Zamet… p. 475

[8] Id., p. 481.

[9] Id., p. 220 : « Je crois qu’en ce siècle-ci Dieu donnera à son Eglise beaucoup plus de connaissance et de lumière du Très Saint Sacrement qu’on en a maintenant… Cet Ordre sera un des moyens que Dieu choisit pour cela. »

[10] ALLIER, La cabale des dévots, Paris, 1902.

[11] Mémoires d’Angélique p. 67

[12] Sur les conditions du voyage entre Paris et Dijon, voir Perle BUGNION-SECRETAN, Mère Agnès Arnauld, p. 25

[13] Mémoires d’Angélique p. 62

[14] Cité par PRUNEL, Sébastien Zamet…, p. 235

[15] PRUNEL, Lettres spirituelles de Sébastien Zamet p. 465.

[16] Id., lettre du 28 juillet 1631, p. 471.

[17] Le texte de la bulle figure dans BOURREE, Vie de Jeanne de Pourlan, p. 230.

[18] PRUNEL, Sébastien Zamet…, p. 239

[19] Mémoires de Mère Madeleine p. 182

[20] Mémoires d’Angélique p. 64.

[21] Perle BUGNION-SECRETAN, Mère Angélique Arnauld, p. 52

[22] Voir le jugement d’Angélique sur Mlle de Chamesson in Mémoires d’Angélique p. 78 et suiv.

[23] Id., p. 68

[24] Voir le texte de la condamnation dans PRUNEL, Sébastien Zamet…, p. 244

[25] Id., p. 247

[26] Id., p. 245-246

[27] Mémoires d’Angélique, p. 79

[28] Id., p. 80

[29] PRUNEL, Sébastien Zamet…, p. 252

[30] PRUNEL, Sébastien Zamet…, p. 250

[31] Récit dans Mémoires de Mère Angélique p. 88

[32] Mémoires d’Angélique, p. 82. Voir le récit du même événement par Madeleine de Ligny, dans ses Mémoires, p. 226-232.

[33] Mère Madeleine de Ligny p. 234-236

[34] Id. p. 238

[35] Id., p. 241

[36] In PRUNEL, Sébastien Zamet… p. 265-268

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